Du Nord au Sud de la Bretagne, de la noirceur à la luminosité, M. Méheut dépeint les goémoniers et les paludiers, ces "chercheurs d'or" dont les seuls maîtres sont la mer et le soleil, et qui, dans leur "quête de l'Or brun, de l'Or blanc" vivent la dramaturgie des éléments. Peintre, dessinateur, artiste reconnu et touche à tout, à la fois décorateur, illustrateur, céramiste, Méheut fit carrière à Paris où il mourut en 1958. Sa collaboration à la revue Art et Décoration, amène Mathurin Méheut, son épouse et leur fille, à s'installer à Roscoff à partir de 1910, pour deux années. Il est accueilli par le Professeur Delage, à la Station de Biologie Marine, pour travailler à l'illustration d'une série d'articles de Maurice Pillard # Verneuil consacrée à la mer. M. Méheut ira, également, dessiner en mer, observer la côte en randonnées, sillonner la région et le pays bigouden et accompagner des goémoniers. Il réalise un extraordinaire travail d'observation de la faune et de la flore marine mais aussi de la vie des bretons. Ce travail sera d'ailleurs couronné en 1913, par la parution de Etude de la mer, faune et flore de la Manche et de l'Océan et par une grande exposition personnelle au Musée des Arts Décoratifs à Paris. A cette époque, M. Méheut découvre le "pays très blanc", le pays de Guérande, où il reviendra à plusieurs reprises. D'abord troublé par les jeux de miroirs des paysages de marais salants, il s'attache, comme à son habitude, à observer les Hommes. Son intérêt pour le pays guérandais sera concrétisé par une toile en particulier, intitulée Paludiers un soir d'orage. Le regard que M. Méheut porte sur les goémoniers, les paludiers et leurs milieux, donne un ensemble de croquis spontanés qui constitue une documentation ethnographique de premier ordre. Il capte, dans une économie de traits, l'Homme, les corps en mouvement, le travail, comme un instantané de vie. Cette somme servira de documentation à M. Méheut pour l'illustration de l'ouvrage de F. Le Roy, Vieux métiers bretons paru en 1944. |