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du Mercredi 16 Novembre 2005 au Mercredi 23 Novembre 2005 ![]() C’était une bien ténébreuse affaire : depuis douze ans, dans le département des Côtes d ‘Armor, un petite bourgade entière était plongée dans le noir à chaque automne. En effet, pour une raison qui laisse perplexes les scientifiques, Lamballe passait son dernier ou avant dernier week-end de novembre, totalement dans le schwartz. Pour être vraiment précis, ça durait très exactement quarante-cinq heures et trente minutes : du vendredi 20h30 au dimanche 18h. Et cette année, prévenus par des affiches et des milliers de tracts anonymes, les lamballais savent que ça va leur tomber dessus dès le vendredi 18. Forcément, à Lamballe.net, on a voulu en savoir plus. Munis de mon fidèle appareil photo, d’une carte d’entrée à la bibliothèque, et d’une confortable avance financière (un ticket repas à 3,80€), je décidais de mener mon investigation journalistique jusqu’aux sinistres malfaisants sans scrupules qui n’hésitaient pas à couvrir la capitale du Penthièvre d’une large chape noire, privant ainsi ses habitants de lumière. Entendons-nous bien, je suis tout à fait conscient que la météo costarmoricaine est bien chiche en soleil au mois de novembre ; mais de là à passer trois jours dans le black, y’a des limites à pas dépasser les bornes. Bref, avant de foncer tête baissée, fallait commencer par se rencarder sur la fréquence des manifestations ; étudier les faits-divers durant ces trois jours annuels ; passer la presse locale au microscope ; questionner les hôteliers sur leurs réservations et sur l’arrivée éventuelle de gars (pas tibulaires mais presque) qui auraient loué un meublé, une voiture, ou acheté un lance-roquette à la boutique chasse et pêche de la place du marché. Parce qu’on en a déjà vu, hein, des petits malins qui profitaient d’un jour de congé pour braquer une banque. Alors une ville plongée dans le noir pendant tout un week-end, pensez… Des types même pas rasés !Rentré à mon bureau, je mandatais ma secrétaire, Mademoiselle Charlie, pour s’occuper des recherches dans les archives. Comme à son habitude, celle-ci était langoureusement allongée sur le sofa, entièrement nue sous son manteau de fourrure, et passait le plus clair de son temps à dormir, se démaquiller avec la langue, et chasser les souris dans le jardin. C’est vrai qu’elle avait été très raisonnable sur son salaire (un bol de Friskies vitality zip & fresh au saumon, thon et légumes le matin et pareil le soir). N’empêche que c’était pas demain la veille qu’elle me filerait un coup de patte efficace dans une enquête. N’écoutant que mon courage, donc, je parti mener ladite enquête. Bref, soit-disant qu’à cette soirée on pourrait voir un court métrage et un vrai film pour 5€. Ça, ça a fini de me mettre la puce à l’oreille : un film et demi pour 5€ ! Ils se croient revenus en 1972, ou quoi ? (en équivalent tarifaire, of course… Les euros en 72, ils z’étaient pas là, y’avait que Zorro qu’était arrivé). Du Noir et des papous Donc je résumais le fruit de mes trouvailles, ébahi, et je remerciais la vierge (elle, c’est le fruit de ses entrailles qu’est béni, suivez) : Une fois par an, donc, Lamballe est dans le noir. A cette période, y’a des types qu’on voit pas d’habitude dans le Penthièvre. Pire : ces types-là reviennent d’une année sur l’autre. Etrange, pensais-je… J’observais les photos à la loupe : à y bien réfléchir, y’avait une tête, en bas à gauche, qui me rappelait quelque chose. Une coupe de cheveux pas banale autour d’une bouille plutôt sympa comme on en croise au lycée Henri-Avril, au centre de documentation et d’information pour être précis. « Je sais tout, inutile de nier » lui glissais-je à l’oreille, en lui faisant une clé de douze à son bras droit avec mon bras droit à moi. « Tu es un agent estranger infiltré et tu vas retrouver tes complices ce week-end pour plonger à nouveau notre bonne ville de Lamballe dans le Noir ». Comme je l’impressionnais beaucoup, il se mit à tout déballer plus vite que Kevin Spacey dans Usual Suspects. Il me parla de roman noir, d’émission de radio, de festival, de polars, de soirées entre potes, de dédicaces, de salle municipale, de Quai des Rêves, d’exposition, et de centaines de bouquins qui changeraient de mains en deux jours. Pour le prouver sa bonne foi, il m’emmena dans les fameux rayons du CDI à la recherche de romans écrits par ses amis. Je m’étais donc gouré du tout au tout.*« Ça va pour cette fois lui dis-je, jouant les magnifiques magnanimes. Mais que ça ne se reproduise pas ». Ben crois-tu que ça l’aurait calmé ? « Oh mais ça va recommencer me répond-t-il, enthousiaste, On travaille déjà sur le programme 2006 ». Me drapant dans ma superbe et dans mon imperméable, je décidais alors de remonter chez moi descendre quelques fioles. Toujours à poil sur mon sofa, Mademoiselle Charlie bailla un grand coup, avant de me tourner le dos. Y’a des jours, comme ça, où on se mettrait bien au Friskies vitality zip & fresh… BrunoPS : Presque trois pages, cette semaine, vous êtes gâtés ! Comme j’ai pas l’intention de vous ré-expliquer comment va se dérouler le festival, vous n’avez qu’à consulter les autres rubriques de notre très beau site internet. On se croise ce week-end à la salle municipale, au ciné ou au Quai des Rêves… Et si mes jeux de mots à deux balles vous font marrer, venez voir l’enregistrement des Papous dans la Tête, samedi à 19 au centre culturel, parce que, eux, ça vole vraiment haut ! |
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Cette page a été mise à jour le Mercredi 12 Mai 2010
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